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mardi 28 octobre 2008

Congrès PS 2008 - motion de Ségolène Royal par Tangi Youinou


Présentation de la motion E - réunion à Douarnenez - 28 octobre 2008

 

C'est un vrai plaisir de présenter la motion E car c'est une motion d'équipe, un travail collectif. C'est une motion qui rassemble des camarades qui ont eu des parcours éventuellement différents au sein du parti ; bref, c'est une motion qui rassemble ce qui, hier, était épars au PS dans une dynamique comparable à la campagne présidentielle passée. Au niveau national se retrouvent ainsi signataires de la motion E des personnalités comme Gérard Collomb, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, Aurélie Filippetti, Manuel Valls  ou Ségolène Royal ; en Finistère, Pierre Maille, François Marc ou Louis Le Pensec.

Le congrès de Reims suscite une attente forte, pour les militants socialistes bien évidemment mais aussi pour de très nombreux Français, notamment celles et ceux qui ont espéré la victoire de Ségolène Royal en 2007.

Depuis cette campagne, qui a porté tant d'espoirs, nous sommes comme sonnés, adhérents d'un parti qui donne l'impression de tourner sur lui-même ou plutôt de ne fonctionner qu'en fonction de petites tactiques internes et d'ambitions personnelles, d'un parti où toutes les alliances sont possibles si l'objectif est d'abattre celui ou celle qui propose un nouveau chemin, d'un parti qui ne travaille plus et dont la communication se résume trop souvent à ces petites phrases assassines qui nous agacent et nous désespèrent tant.

Pendant ce temps, la crise de notre société est brutale :

  • l'économie mondiale est actuellement bouleversée et malmenée

  • la pauvreté progresse, les écarts de richesses sont devenus indécents

  • la pollution et donc la mise en danger de notre planète ne cessent de progresser

  • la puissance publique est démantelée, ici en France, au risque d'abandonner les plus fragiles d'entre nous

Notre responsabilité est donc immense. Et la question qui nous est posée est en même temps relativement simple : sommes-nous capables de donner à nouveau envie et confiance dans notre capacité à transformer la société, à agir sur le monde ? Sommes-nous capables de tracer un nouveau chemin comme a su le faire François Mitterrand en 1981 puis en 1988 ?

Pour donner envie, pour réussir demain là ou nous échouons depuis 13 ans, nous devons nous doter d'un parti rénové et affirmer clairement notre stratégie.

Donner envie d'abord, rénover notre parti ensuite et affirmer notre stratégie enfin.

 

DONNER ENVIE D'ABORD

C'est offrir aux Français une réelle perspective politique et non pas répéter inlassablement les analyses dépassées des années 70... Pour changer le monde, il faut d'abord le comprendre et donc le prendre comme il est réellement aujourd'hui et non pas comme nos lunettes dogmatiques ou nostalgiques voudraient le voir !

Notre motion propose ainsi de :

  • réhabiliter le rôle de l'Etat

  • réformer la fiscalité

  • préserver le système de santé

  • bâtir un système de retraites juste

  • décréter l'urgence écologique

  • redonner du souffle à la construction européenne

Nous sommes donc pour un Etat régulateur (la crise économique nous en rappelle la nécessité), pour un Etat préventif (il faut déjouer les inégalités dès la naissance d'où la priorité donnée à l'accueil de la petite enfance, à l'éducation en général, à la formation tout au long de la vie, à la recherche et à l'innovation...) et pour un Etat accompagnateur (pour des services publics à la portée de tous, accompagnant activement la recherche d'emploi, l'accès aux soins ou au logement).

Nous voulons réformer la fiscalité (suppression des niches fiscales, simplification par la création d'un impôt progressif unique, personnalisé et prélevé à la source).

Nous voulons préserver notre système de santé (priorité à la prévention, sauvetage de l'hôpital public par la création des emplois nécessaires).

Nous voulons mettre plus de justice dans le système des retraites, en s'inspirant de ce qui se fait en Suède, pour que les retraites deviennent le patrimoine de ceux qui n'ont pas de patrimoine (compte personnel alimenté tout au long de la vie active).

Nous ferons de l'urgence écologique l'axe essentiel de l'action publique.

Nous voulons redonner du souffle à la construction de l'Europe (solidarité au niveau des Etats, diplomatie et défense commune, mobilisation autour de grands projets tels les infrastructures, l'énergie, le numérique ou la recherche).

Nous changerons la façon de mener l'action publique : la démocratie participative est au cœur de notre projet et de notre méthode de travail parce qu'elle est nécessaire pour mieux décider et mieux transformer. Ceux et celles qui raillent ce principe sont dans l'erreur, je crois. A la motion E, nous n'avons pas de certitudes, seulement des convictions. Evitons les caricatures : nous savons que l'opinion publique n'a pas toujours raison ; mais les responsables politiques, eux non plus, n'ont pas toujours raison. La démocratie participative c'est respecter le citoyen, comprendre ce qu'il vit et lui garantir qu'il n'est pas dépossédé des moyens d'agir sur sa propre vie.

 

RENOVER NOTRE PARTI ENSUITE

Notre problème collectif est de ne pas être un parti ouvert et donc un parti de masse.

C'est aussi une des raisons de mon adhésion à la motion E : je ne me suis jamais retrouvé dans les plaisirs des jeux internes au parti, entre ce que l'on appelait avant les « courants ». Le fait que Ségolène Royal ait réussi à rassembler des camarades issus d'anciens courants différents dès 2006 a emporté mon adhésion ; je retrouve cette dynamique d'ouverture et de tolérance dans cette motion. D'ailleurs, je pense que cela n'a pas été étranger à la vague d'adhésions qu'a connue le parti lors de la préparation de l'élection présidentielle.

Nous avons vocation à être le parti représentatif de toute la société ; nous devons ainsi permettre une adhésion facile (démarche, tarif) et imaginer de nouvelles formes de militantisme. Le parti doit redevenir un lieu d'éducation populaire pour faciliter la compréhension des mécanismes de notre société et l'analyse de ses évolutions.

Le parti doit impérativement renouer avec le respect des militants, et notamment de leurs votes. Comme l'a très justement dit notre Premier secrétaire l'autre jour à Quimper : ceux qui n'ont pas respecté les décisions et le vote des militants ne devraient pas avoir le suffrage des militants.

 

AFFIRMER NOTRE STRATEGIE ENFIN

Disposant d'une perspective politique et d'un parti rénové pour la porter, nous sommes clairs sur notre stratégie. L'élection présidentielle structure désormais la vie politique. Nous l'avons voulu ainsi, sous le gouvernement Jospin, avec le quinquennat et l'inversement du calendrier électoral qui place désormais les élections législatives dans la foulée de la « course à l'Elysée ». Si nous voulons réellement agir et mettre en œuvre nos propositions, nous devons absolument gagner la présidentielle. Cela entraîne 2 conséquences :

  • avoir un leader identifié et incontesté : nous devons arrêter d'être en compétition interne permanente et avoir une discipline collective assurant le respect de la personne choisie

  • aborder clairement la question des alliances : d'abord rassembler les socialistes puis toute la gauche démocratique ; ensuite débattre avec « l'extrême gauche » et enfin rassembler les démocrates qui se soucient d'humanisme et de progrès, faute de quoi nous resterons encore longtemps dans l'opposition.

Fier(e)s d'être socialistes, offrons cette espérance aux Français qui nous attendent avec impatience.