"Le cumul fige la vie politique". Président et uniquement président du Conseil général du Finistère, Pierre Maille est un fervent partisan du non-cumul des mandats. Pour lui, c'est une question de respiration de la démocratie. Entretien.
(Source : Le Télégramme, 25 septembre 2009 - propose recueillis par Yvon Corre)
Comment expliquez-vous cette résistance des élus au non-cumul ?
"Le cumul a longtemps été une pratique généralisée. En raison de l'absence d'un véritable statut de l'élu, la tendance a été de multiplier les mandats et ça correspond aussi à l'organisation française: centralisation et poids des ministères. Il était admis que, pour bien mener un mandat local, il fallait avoir ses entrées dans les cabinets."
Vaut-il mieux être parlementaire ou ministre pour défendre un territoire ?
"C'est une conception passe-droit de la République. Aujourd'hui encore, à chaque remaniement, on entend qu'il faut des ministres bretons pour défendre la Bretagne. C'est dramatique d'entendre cela. Personnellement, à chaque fois que j'ai demandé un rendez-vous dans un ministère, je l'ai obtenu. Pas besoin d'être parlementaire."
Un argument avancé par les cumulards, c'est celui du lien avec les citoyens. Qu'en pensez-vous ?
"Je dirais que le rôle d'un parlementaire, c'est d'abord de faire la loi. Je ne suis pas sûr que son rôle soit d'intercéder auprès de l'administration. Pour faire la loi, il est certainement utile d'avoir été élu local, mais c'est aux partis d'organiser des parcours politiques qui permettent d'acquérir cette expérience du terrain sans pour autant cumuler. Le cumul fige la vie politique et donne l'impression d'une caste qui règne sur un territoire."